M.A.O.
c'est dingue...
ou comment concevoir un modèle
ou une maquette à l'aide de l'informatique
Derrière ce titre à la manière du "Canard Enchaîné" se présente un nouvel acronyme qui cache peut être une autre manière d'aborder la conception et la construction des modèles réduits en général et des maquettes en particulier. Après les D.A.O., C.A.O., C.F.A.O., le M.A.O. (Modélisme Assisté par Ordinateur) se propose d'assister le concepteur en lui apportant une aide au niveau du calcul, du dessin et de la construction des formes géométriques complexes qui caractérisent les structures profilées.
Un projet de maquette peut être
abordé à trois niveaux:
- on dispose de la
liasse de plans de l'appareil original et il n'y a plus qu'à construire
l'appareil à partir des dessins ramenés à une échelle
convenable. C'est assurément la solution idéale, si vous êtes
dans ce cas n'allez pas plus loin dans la lecture de l'article, ce qui
suit ne vous concerne pas;
- on peut avoir facilement
accès à l'appareil réel dont on souhaite réaliser
la réplique. C'est le cas lorsque l'on habite à proximité
d'un musée ou d'un aéro-club, il est alors aisé
de relever toutes les cotes et prendre les photographies nécessaires.
c'est indubitablement une solution plus difficile que la précédente
car elle implique d'accéder à des formes toujours complexes
parce que volumiques. Il est nécessaire dans ce cas d'être
un bon dessinateur et d'avoir un oeil aiguisé pour appréhender
l'ampleur et l'harmonie de chaque courbe. Cette option est certainement
l'une des meilleures pour les compétiteurs car elle permet de pousser
très loin le niveau et le nombre des détails que l'on peut
reproduire. Elle a cependant l'inconvénient de réduire la gamme
des appareils accessibles à des machines parfois stéréotypées
ou sans grand caractère;
- la troisième
possibilité concerne les sensuels et les esthètes, ceux
qui sont secrètement amoureux d'une machine qui n'existe plus ou
qui ne subsiste qu'à quelques exemplaires basés à
l'autre bout du monde. Plus l'objet de leurs désirs leur est inaccessible,
plus l'entreprise est difficile, plus ils rêvent de le recréer
et de le faire revivre. Il leur faut alors réunir une documentation
souvent très dispersée, recouper les informations pour éliminer
les données erronées, rassembler de nombreuses photographies
pour essayer de retrouver à partir d'informations bidimensionnelles
des formes tridimensionnelles.
Dans les deux cas précédents, le document de base indispensable est le plan trois vues à partir duquel va s'articuler la démarche que nous allons essayer de développer. C'est à partir de la saisie des formes projetées sur les trois plans d'un trièdre rectangle que se met en oeuvre la méthode numérique de reconstitution des volumes et de calcul des éléments structuraux qui permettront de procéder à leur reconstruction dans l'espace.
LE MATERIEL NECESSAIRE
Le matériel
nécessaire pour accéder à une telle pratique relève
de l'informatique de bureau classique c'est à dire de celle qui
est soumise à la plus forte concurrence et donc aux prix les plus
bas. Typiquement le matériel nécessaire à une telle
entreprise est le suivant:
- un micro-ordinateur PC avec
au moins 4Mo de mémoire RAM
- un écran
couleur
- une souris
- une imprimante
feuille à feuille (jet d'encre, laser, aiguilles) ou à papier
en continu (listing)
- la gestion de l'ordinateur
doit être assurée par Windows XP ou Windows 7
- le logiciel de
CAO modéliste Wings 2
En option (mais on peut tout aussi bien se débrouiller sans...), il est intéressant de posséder ou d'avoir accès aux matériels suivants pour réaliser un traitement entièrement informatique du problème:
- un scanner
- un logiciel de
dessin vectoriel
On peut à présent se poser la question de la réalisation du plan de la machine par des moyens informatiques. L'équipement de bureautique classique permet d'imprimer sur un format A4 pour les imprimantes feuille à feuille ou sur un format 210x510 mm en continu utilisant du papier listing. En dehors de ceux qui peuvent disposer de tables traçantes de très grand format (A0 ou supérieur qui sont , du fait de leurs prix, d'un usage uniquement professionnel), il est peu concevable de vouloir tracer par des méthodes de DAO un plan de construction et d'aménagement à l'échelle 1. L'évolution actuelle de la taille des modèles, que l'on a de plus en plus de mal à qualifier de réduits, conforte cette réflexion et montre que vouloir maintenir, quelles que soient les dimensions du modèle le mode de construction traditionnel, conduit à des difficultés certaines voire à une impasse. On doit donc s'interroger sur la manière dont sont réalisés les plans en aviation grandeur et se préoccuper des procédés mis en oeuvre au niveau de l'assemblage des cellules. La réponse bien évidente est que les plans de construction et d'aménagement sont réalisés à échelle réduite (essayez d'imaginer le plan d'un Boeing 747 à l'échelle 1) et la construction est effectuée sur des chantiers de montage. Au demeurant, il est malgré tout utile de réaliser un plan de la machine que l'on souhaite concevoir ne serait-ce que pour la définir les éléments de détail de la construction et le positionnement des équipement.Il est cependant important de pouvoir imprimer le dessin des composants élémentaires (couples, nervures...) à l'échelle 1, Wings offre alors la possibilité d'imprimer au moyen d'une imprimante de petit format (A4) des dessins dont les dimensions dépassent ce format. Pour cela les dessins sont découpés en dessins élémentaires de format A4 que l'on doit ensuite réassembler.
Wings offre aussi le possibilité d'enregistrer les différents fichiers en format .DXF soit pour les exporter vers un logiciel de dessin vectoriel. Les dessins pourront alors être complétés et modifiés selon les besoins. Soit pour alimenter un programme de commande de machine de découpe à commande numérique
M.A.O. EN PRATIQUE
Plutôt que
de continuer à disserter dans l'abstrait, le principe de la méthode
M.A.O. peut être décrite sur un exemple concret qui porte
sur la conception d'une maquette d'un planeur SZD 19 Zefir 2A de 4 mètres
d'envergure. La valeur de l'envergure choisie est ici arbitraire puisque
la méthode M.A.O. est valable quelle que soit l'échelle.
Le choix d'une méthode de construction entièrement en structure
n'est par ailleurs dicté que par son niveau de complexité
plus élevée. Chacun pourra adapter la méthode M.A.O.
à ses propres techniques de construction et aux matériaux
dont il privilégie l'usage. Il ne s'agit donc que de vérifier
la validité de l'adage: "qui peut le plus, peut le moins". Deux mots
quand même sur le sujet: le Zefir 2A est un planeur polonais construit
entièrement en bois par SZD de Bielsko Biala. Ce planeur de 17 m
d'envergure qui est apparu vers 1955, rassemblait le nec plus ultra de la
technologie de l'époque en matière de planeur: voilure à
profil laminaire (NACA série 6), fuselage à section minimum
et pilotage couché, train d'atterrissage rétractable, volets
de courbure à fentes et recul (Fowler), parachute de queue. Le choix
de cette belle machine tient essentiellement au fait qu'injustement, il a
rarement été traité en maquette.
Le plan trois vues est
l'élément essentiel sur lequel se fonde la méthode
M.A.O. elle même basée sur l'emploi de Wings 2.0
Les caractéristiques principales du projet de maquette du Zefir s'établissent donc ainsi:
Echelle = 1/4.25 Envergure
= 4 m Longueur = 1.75 m
Surface alaire =
78 dm2 Allongement =20.5 Masse = 4.5 kg
Charge alaire = 58g/
dm2 Corde racine = 0.234m Corde saumon = 0.078m
Profil racine Selig
S7055 Profil saumon NACA 0010 Calage à la racine = 2.5°
Vrillage au saumon
= -1.5° Surface plan horizontal =8.3dm2 Surface plan vertical = 6
dm2
Bras de levier tanguage
=1.05m Bras de levier lacet = 0.98m Surface frontale = 12.2 dm2
EVALUATION PREALABLE
DES PERFORMANCES
Avant d'aller plus
loin et d'entreprendre quoi que ce soit, il faut s'assurer que l'on n'est
pas en train de se fourvoyer complètement et que l'on ne va pas
aborder la construction d'un monstre inpilotable ou d'une machine aux performances
minables. Si Geoffrey de Havilland assurait d'une boutade "qu'un bel avion
vole toujours bien", l'Histoire de l'Aviation a montré qu'il existait
autant d'exemples vérifiant cette assertion que de contre-exemples
l'infirmant. Donc avant d'investir du temps et de l'argent, il est nécessaire
d'obtenir un minimum de certitudes qui permette d'envisager les lourdes
tâches à venir d'un coeur plus serein.
Dans le cas d'un planeur,
les performances accessibles sont lisibles dans l'observation d'une courbe
appelée "polaire des vitesses". Cette courbe traduit l'évolution
de la vitesse de chute du planeur en fonction de la vitesse propre. Elle
permet entre autres d'évaluer quatre paramètres essentiels:
- la vitesse de décrochage;
- la vitesse de chute
minimum et la vitesse propre à laquelle elle est obtenue (c'est
la vitesse qui doit être affichée pour la meilleure exploitation
d'une ascendance)
- la finesse maximum
et la vitesse propre à laquelle elle est obtenue (c'est la vitesse
qui doit être affichée lorsqu'on réalise une transition
entre deux zones ascendantes);
- la vitesse d'approche
pour l'atterrissage qui est égale à 1.3 fois la vitesse
de décrochage.
Bien que l'équipement standard du modéliste ne comprenne pas encore d'anémomètre embarqué avec retransmission au sol, l'estimation de ces vitesses et surtout de leurs écarts peuvent être, avec un peu d'habitude, évalués visuellement.
L'un des programmes de Wings permet de calculer une estimation de la polaire des vitesses sans vent. Le calcul de cette polaire prend en compte: la polaire du profil (Cx,Cz=f(i)), la masse du planeur, la surface alaire, l'allongement, la longueur du fuselage et la surface frontale de la cellule. Dans le cas de l'exemple choisi, la vitesse de décrochage est évaluée à 32 km/h, la vitesse de chute minimum à 36 cm/s pour une vitesse propre de 36 km/h, la finesse est de l'ordre de 29 à 42 km/h et enfin la vitesse d'approche de sécurité doit être de 41 km/h .
La polaire des vitesses
décrit la variation de la vitesse de chute du planeur (ou de l'avion)
en fonction de la vitesse propre. Elle permet de déduire immédiatement
la vitesse de décrochage, la vitesse de chute minimum (point de
tangence de la courbe avec une droite horizontale) et la finesse maximum
(point de tangence de la courbe avec une droite passant par l'origine).
Ce programme permet également de calculer la variation de la vitesse propre en fonction de l'angle d'incidence. Suivant l'usage que l'on veut faire de la machine (vol de pente, vol de plaine, voltige, vol de durée, vitesse...), on pourra choisir de caler l'aile sur le fuselage à un angle correspondant soit à l'incidence de chute minimum, soit à celle de finesse maximum soit encore à une vitesse sur trajectoire choisie a priori .
Un autre point à vérifier concerne la stabilité propre de la machine c'est à dire sa capacité à voler seule sans que le pilote n'ait à corriger constamment la trajectoire. Le logiciel d'évaluation graphique de la stabilité suivant les axes de tangage et de lacet prend en compte: l'envergure, la surface alaire, le dièdre, les surfaces des empennages verticaux et horizontaux ainsi que leurs bras de levier. Ce logiciel suppose cependant un certain nombre d'approximations: les empennages doivent être cruciformes et dotés de profils biconvexes symétriques calés à 0°(pour que le Cm varie peu), le centrage doit être situé entre 20 et 35% de la corde de l'aile. Dans le cas de la maquette exacte du Zefir 2A, c'est à dire sans tricherie sur les surfaces des empennages, il apparaît que la stabilité est optimum c'est à dire offrant le meilleur compromis entre la stabilité et la maniabilité. En examinant de plus près le graphique, il apparaît que le planeur aura tendance à avoir une stabilité légèrement positive en tangage et légèrement négative en lacet.
Bien que ces données demeurent encore très théoriques et nécessitent d'être vérifiées expérimentalement, on peut à présent aborder avec quelques assurances la conception et la construction de la maquette.
LA CONCEPTION DES ELEMENTS
DU FUSELAGE
La première
phase du travail va consister à relever sur le plan trois vues
un certain nombre de cotes qui vont permettre de nourrir en informations
le logiciel Wings 2 afin que celui-ci fournisse les dessins des couples
du fuselage et ceux des chantiers de construction. La méthode
qui va être décrite ici est entièrement informatique
et nécessite les options hardware et software stipulées au
paragraphe précédent. Il faut cependant noter que cette phase
de mesure peut être réalisée entièrement à
la main avec une règle graduée et un crayon sur le dessin papier
du plan 3 vues. La principale différence entre la méthode
manuelle et la méthode informatique se situe au niveau de la précision
des mesures qui dans le premier cas est de l'ordre de 0,5 mm alors quelle
atteint 0,1 mm avec la méthode digitale.
1. la première opération
consiste à scanner le plan trois vues pour créer un fichier
informatique dans un format image (.bmp,.gif,.jpg,.wmf,.tif,...) qui soit
reconnaissable par le logiciel de dessin;
2. dans la seconde
étape le fichier image est importé par le logiciel de dessin
et les dimensions de l'image sont ajustées de telle sorte qu'elle
occupe le maximum de place à l'écran;
3. l'image importée
peut être utilisée telle qu'elle pour effectuer les mesures
mais il est souvent préférable d'utiliser les outils de
dessin pour retracer par dessus les contours utiles des vues de profil
et de dessus du fuselage. Cette manière d'opérer a l'avantage
de permettre d'éliminer les détails du dessin qui s'avèrent
inutiles voire encombrants pour la suite des opérations. Le retraçage
étant effectué, faire disparaître l'image pour ne
conserver que le dessin;
4 . tracer l'axe
du fuselage et la ligne qui sur la vue de profil décrit le lieu
des points ou la largeur des sections du fuselage est maximum, cette ligne
est la trace sur la vue de profil du contour du fuselage figuré sur
la vue de dessus. La position et le tracé de cette ligne de largeur
maximum constitue l'élément le moins rigoureux de la démarche.
Si l'on à facilement accès à l'appareil réel,
la position de cette ligne peut être facilement et précisément
mesurée. Dans le cas ou l'on ne travaille que sur documents, le
seul point d'accrochage de cette ligne qui soit absolument sûr est
le point de tangence au niveau du maître-couple de la droite verticale
avec le flanc du fuselage. Les positions des autres points devront être
estimées à partir des photographies. En faisant jouer son
sens logique, en tenant compte du fait que les formes aérodynamiques
sont rarement torturées, avec un peu d'habitude et un oeil entraîné,
on arrive rapidement à apprécier la forme et la courbure
de cette ligne avec une précision somme toute très convenable.
Mesure sur un planeur des coordonnées de la ligne de largeur
maximale du fuselage : pour que la mesure soit correcte il faut que l'axe
du fuselage soit parallèle au sol et que les ailes soient horizontales
Toujours en utilisant les outils du logiciel de dessin, tracer un réseau de n traits équidistants (n est le nombre de couples que l'on souhaite calculer) et ajuster ce réseau sur la vue de profil et de dessus du fuselageen utilisant le pointeur-souris et l'affichage de sa position sur l'écran, on peut mesurer pour chacune des sections et relativement à l'axe du fuselage considéré comme origine, les valeurs de Y0, Xe, Yb, Yh . Ces valeurs correspondent respectivement à la l'ordonnée de la ligne de largeur maximum, à la largeur du fuselage mesurée sur la vue de dessus, à l'ordonnée du contour inférieur du fuselage et à l'ordonnée du contour supérieur du fuselage;
Sur le dessin de la vue
de profil et de dessus du fuselage, un réseau de traits équidistants
détermine les sections que l'on souhaite tracer. Les valeurs de
Xe, Y0, Yb, Yh seront relevées sur chacune de ces sections pour être
introduites dans Wings qui en effectuera le calcul et le tracé.
L'utilisation d'un logiciel
de dessin (ici Corel Draw 4.0) permet d'effectuer les mesures des cotes
Xe,Y0,Yb,Yh au moyen du curseur-souris avec une précision de 0.1mm.
Ces quatre valeurs étant relevées pour chacun des couples, noter l'échelle entre le croquis sur lequel les mesures ont été faites et la maquette. Quitter le logiciel de dessin puis lancer le logiciel Wings 2 et choisir dans la page d'accueil "Fuselage" le programme "Fuselage ovoïde"
Les fichiers associés
aux couples qui viennent d'être calculés sont utilisés
à nouveau pour calculer des chantiers de montage qui sont les
contre-formes des couples. Ces chantiers sont à leur tour imprimés
et leurs dessins sont employés pour la découpe dans le contre-plaqué.
A noter que la découpe interne, sur une moitié du chantier,
doit être réalisée sans tenir compte de l'épaisseur
du revêtement, alors qu'il faudra en tenir compte sur l'autre moitié.
L'ASSEMBLAGE DU FUSELAGE
Il est à remarquer
que jusqu'à ce point aucun plan de construction à l'échelle
1 n'a été réalisé et la particularité
de la méthode vient de ce que, jusqu'à la fin de la construction,
la nécessité d'un tel plan ne va pas apparaître puisque
la construction du fuselage va s'effectuer au moyen de deux bâtis
de montage correspondant aux deux demi-fuselages.
Pour réaliser les bâtis de montage il suffit de fixer sur un profilé métallique en U ou H , d'une section suffisante pour qu'il n'y ait ni torsion ni flexion, les chantiers réalisés lors de l'étape 11. Les distances séparant chacun des chantiers sont égales à la longueur du fuselage divisée par le nombre de couples moins un.
Les bâtis de montage
sont réalisés par l'assemblage des chantiers associés
à chacun des couples sur des profilés métalliques
rigides en torsion et flexion. Aucun plan d'assemblage à l'échelle
1 n'est nécessaire pour construire le fuselage.
Sur le demi-bâti gauche placer les demi-couples gauches et les immobiliser par un moyen quelconque (papier collant, épingles). Positionner et coller les deux lisses de rive puis coller les demi-couples droits. Placer et coller ensuite les lisses pour réunir les demi-couples droits et coller les lattes de balsa jointives qui assureront le revêtement monocoque du côté droit. Une fois les collages bien secs, placer le fuselage dans le demi-bâti droit, installer tous les équipements, renforts et supports nécessaires: platines radio, support de train d'atterrissage, passage des commandes... puis coller les lisses et le revêtement .
Schéma des différentes
phases de la méthode d'assemblage du fuselage sur le bâti
LA CONCEPTION DES ELEMENTS
D'AILE
L'aile d'une envergure
de 4 mètres est composée d'un plan central rectangulaire
de 234 mm de corde avec un profil Selig S7055 de 10.5% d'épaisseur
relative et de plans externes trapézoïdaux dont le profil évolue
du S7055 vers un NACA 0010 biconvexe de 10% d'épaisseur relative
vrillé à -1.5°. L'effilement du plan externe, l'évolution
du profil et le vrillage ont pour but d'établir une répartition
quasi-elliptique de la portance le long de l'envergure et ainsi, en diminuant
l'importance des tourbillons marginaux (vortex), d'améliorer la
finesse de l'aile. Par ailleurs, le vrillage intervient, lorsque l'angle
d'incidence de l'aile est élevé et proche de l'angle de décrochage.
Dans le cas d'un décrochage classique ou dynamique, le vrillage
évite que l'appareil ne parte brutalement en autorotation (vrille)
ou en tonneau déclenché. Lors des phases d'approche finale
et d'atterrissage ou l'aile se trouve proche du régime dit des
"grands angles", l'incidence de la zone marginale de l'aile est plus faible
que celle du plan central et en dehors de la zone critique, les ailerons
restent efficaces et l'appareil demeure contrôlable en roulis. Cette
conception aérodynamique qui assure une amélioration sensible
des performances et de la sécurité du vol à basses
vitesses est obtenue aux dépends d'une complexité de construction
plus grande. Par ailleurs, les gains importants au niveau des performances
et de la stabilité apportés par cette formule ne peuvent
être obtenus que si les deux ailes sont parfaitement symétriques.
En cas d'asymétrie de construction, le remède apporté
par le vrillage risque d'être pire que le mal qu'il est destiné
à guérir. De ce fait, la construction classique, sur un
chantier plan, d'une l'aile de grandes dimensions évolutive et
vrillée constitue une véritable épreuve dont le résultat
est rarement garanti.
La méthode M.A.O appliquée à la conception et la construction de l'aile est directement inspirée de celle qui a été exposée dans le paragraphe dédié au fuselage. La fonction "Aile" du logiciel Wings 2 permet de calculer les nervures du plan central et l'évolution des 10 nervures des plans externes (Selig S7055? NACA 0010).
Visualisation à
l'écran de l'évolution du profil des plans externes. Le profil
de départ qui est celui du plan central est un Selig S7055 avec
une corde de 234 mm, le profil au saumon est un NACA 0010 avec une corde
de 78mm et un vrillage de -1.5°.
La fonction "Boite à outils" permet d'insérer dans le dessin de ces nervures des éléments structuraux qui seront dans notre exemple:
Impression d'un berceau
associé à la nervure f. L'association des berceaux sur
des profilés métalliques permet de construire les bâtis
pour l'assemblage de la voilure sans qu'il soit nécessaire de réaliser
un plan de montage à l'échelle 1.
L'ASSEMBLAGE DE L'AILE
Les dessins des nervures
prêtes à découper sont ensuite imprimés . A
partir de ces nervures, on peut également calculer des berceaux
d'aile , équivalents aux chantiers de fuselage, qui vont permettre
de construire les bâtis d'intrados et d'extrados nécessaires
à l'assemblage de la voilure. Les berceaux d'intrados sont découpés
sans tenir compte de l'épaisseur du coffrage, par contre l'épaisseur
du coffrage est prise en considération pour la découpe des
berceaux d'extrados. Comme dans le cas précédent, aucun plan
à l'échelle 1 n'est nécessaire pour l'assemblage des
ailes.
Pour réaliser le montage de l'aile gauche et de l'aile droite au moyen des mêmes berceaux (garantie de symétrie), l'assemblage des berceaux d'intrados et d'extrados sur le profilé doit être démontable.
Sur le bâti d'intrados, positionner les semelles d'intrados du longeron et du longeronnet, coller les nervures puis une latte de 1.5 mm sur les bords d'attaque et le bord de fuite. Après séchage, coller les semelles d'extrados du longeron et du longeronnet puis les âmes des longerons et le coffrage d'extrados (phase 1).
Placer ensuite l'aile dans le bâti d'extrados, coller les différents renforts, clés d'aile, passage de commande... puis fermer l'aile avec le coffrage d'intrados. Coller ensuite le bord d'attaque.
Schéma de la méthode
de construction de l'aile au moyen des bâtis d'intrados et d'extrados
La construction des empennages horizontal et vertical qui peuvent être réalisé suivant les mêmes principes terminent le gros oeuvre de la construction de la cellule. Il est à noter que si vous êtes un adepte de la découpe en commande numérique, Wings possède un filtre qui permet de convertir les fichiers informatiques de coordonnées de profils téléchargés sur le net dans un format compatible avec Wings 2. Pour les autres machines de découpe, les drivers de commande reconnaissent généralement le format .dxf.
Reste alors à terminer l'aménagement de la machine avec les équipements et accessoires (récepteur, accus, servos, commandes, train d'atterrissage...). A ce niveau, le logiciel "Balance" permet de calculer l'influence de la position et de la masse des différents équipements sur la position du centre de gravité, il permet d'optimiser la position de la soute à lest et d'estimer la masse de la charge d'équilibrage qui permettra d'obtenir un centrage sans surprises.
A partir de ce stade, on peut aborder la phase de finition d'un coeur léger et enthousiaste.. Fini les fichiers, les disquettes, fini les yeux qui pleurent à force de regarder le moniteur, fini la souris capricieuse, fini l'imprimante dans laquelle le papier ne cesse de bourrer. Vive la cale à poncer, la poussière de balsa qui chatouille les narines, la bonne odeur de la résine, la caresse du tissu de verre, le velouté de la peau d'orange qu'étale avec volupté le pistolet à peinture poussif.